Ikigami, tomes 1 à 10 - Motorô Mase

Résumé

Dans un pays asiatique imaginaire, la loi de prospérité nationale impose une vaccination aux enfants de 6 ans. Dans 1 cas sur 1000, le vaccin contient une nano capsule qui se loge dans le coeur, provoquant une mort programmée entre 18 et 24 ans. Le but ? Faire prendre conscience de la valeur de la vie.

24h avant la mort programmée, le condamné est informé par la livraison d'un "ikigami", un préavis de décès. Fujimoto est un des fonctionnaires qui délivre celui-ci.

Série terminée en 10 tomes.



Ce manga déroule dans chaque tome l'histoire de deux condamnés "à une mort honorable pour la nation" par l'ikigami, tandis qu'en parallèle l'on suit Fujimoto de tome en tome. Moi qui ne suit pas fan des histoires courtes, je me suis finalement vite prise au jeu. 

En effet, l'auteur met l'accent sur les conséquences humaines de cet ikigami. Chacun réagit à sa manière, selon la (courte) vie qu'il a vécu, les espoirs, les regrets. 24h pour faire face à la mort, c'est peu et les émotions sont alors exacerbées. De celui qui commet des actes de vengeance, à ceux qui meurent en vivant leur passion ou pour ceux qu'ils aiment, toutes les palettes d'émotions sont présentes.
Les cas individuels sont l'occasion d'aborder des sujets de société très actuels, de l'école à la politique, de l'extrémisme aux drogues, en passant par le handicap ou les personnes âgées.

En parallèle, on suit un fonctionnaire, partie intégrante du système. Fujimoto m'a rappelé Winston de 1984 à plus d'un titre : tout en participant au système, il a des doutes et est également plutôt lâche, broyé par la machine. D'ailleurs sur beaucoup d'aspect l'on sent l'influence d'Orwell dans ce manga.
Fujimoto commence son travail de livreur d'ikigami dans le premier tome, aussi, on en apprend plus sur le fonctionnement à travers sa formation, puis ses premiers cas. Après un temps d'adaptation, il passe par une phase effrayante, où il devient un fonctionnaire blasé, juste soucieux de suivre la procédure, perdant de vue qu'il apporte la mort et le désespoir dans les familles. Heureusement bien vite, son côté humain reprend le dessus, y compris avec ses doutes et erreurs.

L'aspect dictature et dystopique est amené très progressivement. Lorsque l'on commence la série, on a la sensation de se trouver dans notre monde normal, habituel, à l'exception de ce "détail". Les personnages parlent comme nous, s'habillent comme nous, utilisent des portables ou internet comme nous. Et c'est ce qui est le plus effrayant dans ce manga, le fait que tout semble si proche de notre réalité, rien de futuriste, exotique ou de très explicite. 
Au fil des tomes, on en apprend plus sur l'histoire du pays et sur la situation réelle. Du contrôle des médias et d'Internet, à la police idéologique, tout les ingrédients d'une dictature deviennent de plus en plus explicites. Le tout jusqu'à un final qui laisse à peine le temps de reprendre son souffle.

L'emboîtement des deux types d'intrigue fonctionne parfaitement dans ce titre, dont je me suis enfilée les 10 volumes sans pause !


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