Le Requiem du Roi des Roses, tomes 5-7 - Aya Kanno


Mon avis : coup de 💕 

Genre : historique, drame
Public : grands ados et adultes
Statut de la série : en cours
Tomes parus en VF : 7
Tomes parus en VO : 8




Résumé éditeur 

Alors que le comte de Warwick était enfin parvenu à arranger les fiançailles d'Édouard IV et de Bonne de Savoie, une alliance censée asseoir son pouvoir en lui assurant le soutien de la France, le nouveau souverain d'Angleterre annonce son mariage avec Élisabeth Woodville ! 
Trahi, le faiseur de rois prépare sa vengeance... Richard, jusque-là extérieur aux intrigues de cour, est bouleversé lorsqu'il prend conscience que le trône pourrait être à sa portée. Mais à la nouvelle de la capture d'Henri de Lancaster, il se précipite au château avec une seule idée en tête : le passer au fil de l'épée de ses propres mains... 



‼️SPOILERS DES TOMES PRÉCÉDENTS‼️


Le résumé éditeur correspond en réalité au tome 4. En ce début de volume 5, Edouard d'York est entre les mains de Warwick qui l'a trahi, entraînant le propre frère de l'actuel roi, Georges - dont le principal défaut est d'être naïf et manipulable. Dans le même temps, Warwick joue sur les deux tableaux et a promis sa fille aînée Anne à Édouard de Lancaster pour sceller son alliance avec Marguerite et la couronne française.

Sauf que ledit Édouard est amoureux de Richard, qu'il croit toujours être simplement une femme déguisée en homme. Et ce dernier réalise peu à peu ses sentiments pour Henri dont il ignore toujours l'identité.

On retrouve Richard, alors qu'il a décidé de se ranger du côté de son frère le plus âgé et projette de le faire évader avec l'aide de Catersby, l'une des rares personnes à connaître son secret. Édouard de Lancaster tombe sur lui et lui vient en aide, espérant gagner ses faveurs, et acculer Warwick au passage pour qu'il se range vraiment côté Lancaster. Quant à Buckingham, il continue de murmurer dans l'oreille de Richard pour le pousser sur le trône.


Bref, ça ne se simplifie pas, pour notre plus grand plaisir ! Avec le tome 7, la mangaka nous annonce la fin de la première partie de l'histoire et elle a admirablement su construire son intrigue pour monter en puissance jusqu'à un final bouleversant. 

Aya Kanno continue de tisser une toile mêlant intrigues politiques, action, sentiments et folie. Sa galerie de personnages est incroyablement riche et attachante : de nouveau aucun manichéisme, ils ont tous leurs défauts et qualités. Ce n'est pas la morale qui dicte les choix de chacun, mais ils agissent selon des motivations bien concrètes et humaines. Ils recherchent le pouvoir, l'amour, la vengeance, la sécurité pour leur famille, parfois tout à la fois, et peuvent trahir d'un claquement de doigts si leur intérêt va dans ce sens.


Résultat ? J'aime autant Richard qu'Henri, son fils Édouard ou Anne. Tout comme eux, mon coeur est partagé entre les ennemis jurés et quel que soit le vainqueur au final, je sais que ce sera un déchirement. D'ailleurs le dernier tome m'a fait pleurer à plusieurs reprises et je l'ai refermé complètement sonnée.

En effet, même si Richard est torturé par son identité et ses fantômes, même s'il devient de plus en plus impitoyable, je ne peux pas le détester. Il est à la fois touchant, inquiétant, rusé, fort et fragile... en un mot : fascinant. Quant à Henri, si sa douceur nous le rend sympathique, il n'est qu'une marionnette dans ces jeux de pouvoir, tour à tour aux mains de son épouse, de son fils ou de Warwick. Il prend son rôle comme un fardeau inévitable, ses emprisonnements avec fatalité, et ne semble finalement vivant qu'aux côtés de Richard.

Dans ces volumes j'ai été particulièrement touchée par les personnages d'Edouard de Lancaster et Anne, eux aussi coincés entre leurs sentiments et leur devoir, et dont la relation connaît une évolution intéressante.


Je ne veux pas trop en révéler sur l'intrigue, mais je salue la courageuse mise en scène des questions relatives au genre et à la sexualité par la mangaka. Cet ajout à la pièce originale de Shakespeare lui donne une touche moderne et psychologique, tout en restant universel grâce à l'aspect historique et politique. À travers l'hermaphrodisme de Richard, Aya Kanno joue à la fois sur ses côtés masculin et féminin, brouillant les frontières, interrogeant sur les stéréotypes. Ses personnages féminins participent à soulever ces questions, loin d'être là pour se fondre dans la tapisserie, elles tiennent le pouvoir - littéralement pour Marguerite ou à travers ses manipulations pour Elizabeth - ou aspirent à autre chose que le rôle déterminé par leur naissance comme Anne.


Un mot du graphisme pour finir. Je ne vais pas être originale par rapport aux chroniques précédentes, je suis en admiration devant le trait d'Aya Kanno. Elle sait transcrire l'ambiance gothique, les sentiments, les crises hallucinatoires, les flash-backs à travers ses dessins et sa mise en scène. C'est beau, c'est fort, ça bouleverse vraiment, j'étais littéralement en apnée sur certains passages.


À présent j'ai hâte de lire le prochain volume ! La dernière page nous laisse à un moment clé, à partir duquel tout est imaginable, même si je m'attends à avoir le coeur brisé de nouveau par la suite.


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